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Publications

2016

Gunther TEUBNER, Fragments constitutionnels. Le constitutionnalisme à l'ère de la globalisation, Préface et traduction d'Isabelle AUBERT, Paris, Classiques Garnier, collection « Bibliothèque de la pensée juridique », 2016. La « nouvelle question constitutionnelle » s'est posée à la suite d'une série de scandales : des multinationales ont violé les droits de l'homme, la liberté d'expression a été menacée sur Internet et les marchés financiers mondiaux ont pris des risques aux conséquences désastreuses. Une constitution étatique limite les énergies du pouvoir politique mais elle reste impuissante face aux effets destructeurs d'autres énergies sociales, issues de l'économie, de la science, de la technologie ou des nouveaux médias. L'ouvrage expose un constitutionnalisme qui va au-delà de l'État-nation : des constitutions non-étatiques et sociétales doivent répondre aux problèmes sociaux causés par les processus politiques transnationaux et par les secteurs privés de la société mondiale.

2015

Jean-François KERVÉGAN, Mélanie PLOUVIEZ, Pierre-Yves QUIVIGER (dir.), Norme et violence. Enquête franco-italienne, Hildesheim, Olms, 2015. La violence, qui de prime abord est « l'autre » de la norme, l'habite en réalité intimement ; ce qui ne signifie pas qu'elle en soit, comme on l'a parfois dit, le fond de vérité. Comment la norme juridique gère-t-elle (plus ou moins efficacement) la violence ? Comment la violence saillit-elle dans les interstices des ordres normatifs, aussi bien sur le terrain des rapports privés que sur celui du droit public et du droit international ? Comment la philosophie morale, la philosophie du droit et la philosophie politique traitent-elles, chacune avec des outils spécifiques, de la violence, des manières de la conjurer, mais aussi de la place qu'il faut lui reconnaître, qui n'est pas celle d'une simple marge ? Telles sont les questions qui ont été débattues lors de journées d'études organisées en 2011 en Sorbonne par le laboratoire « Normes, Sociétés, Philosophies » du Centre de Philosophie contemporaine de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et le Département de droit public et de théorie et histoire des institutions de l'Université de Salerne. Le présent volume contient les contributions présentées lors de cette enquête franco-italienne.

Jean-François KERVÉGAN, Hegel et l'hégélianisme, 2e édition, Paris, PUF, Que sais-je ?, 2015. L'œuvre de Georg Wilhelm Friedrich Hegel (1770-1831) est incontestablement difficile d'accès, mais elle est de celles qui ont dessiné le paysage de la pensée contemporaine. En nous incitant à dépasser les préjugés, ce que nous croyons savoir de cette philosophie (le thème de la fin de l'histoire, celui de la ruse de la raison, celui de la dialectique, et en particulier celle du maître et de l'esclave…), cet ouvrage nous permet de suivre la constitution progressive du « système » hégélien, dont la Phénoménologie de l'Esprit est une étape majeure, en exposant ses grandes articulations : logique, nature, esprit. « Il est sot de rêver qu'une quelconque philosophie surpasse son monde », écrit Hegel. Au travers de cet ouvrage ressort en quoi cette philosophie peut nous aider à penser ce qui est, donc à être philosophes.

Catherine LARRÈRE et Raphaël LARRÈRE, Penser et agir avec la nature Une enquête philosophique, Paris, La Découverte, 2015. Que signifie « protéger la nature » ? Répondre à cette question concrète, urgente dans le contexte de crise environnementale, suppose d'affronter une question philosophique, car la notion même de « nature » ne va plus de soi. En articulant ces questions avec une véritable enquête concrète, qui manipule avec brio les concepts scientifiques et la réalité des politiques publiques, les auteurs montrent qu'il est possible de concilier le souci de la nature et la diversité des cultures, l'exigence de justice et le respect de l'environnement.

Thomas BOCCON-GIBOD & Caterina GABRIELLI (dir.), Normes, institutions et régulation publique, Paris, Hermann, 2015. Très présente dans le débat politique depuis le début de la crise financière, la notion de régulation demande à être éclaircie. Issue des sciences de la vie et des systèmes mécaniques, son application au droit et à la société est loin d'aller de soi. Qu'est-ce au juste qui devrait être régulé, par qui, et comment ? La diversité des dimensions du problème et la polysémie de la notion demandent un éclairage pluridisciplinaire, de la philosophie au droit public en passant par la sociologie politique. Mais, au-delà même de l'aspect de la question, ses enjeux sont bien d'ordre politique, et invitent à élucider les normes et les institutions qui organisent la vie commune. Comment les normes sociales se traduisent-elles dans les institutions gouvernementales ? Et par là, quelle forme peut encore prendre la démocratie dans l'idéal d'un tel gouvernement automatique de la société par elle-même ? [Table des matières]

Nicolas DE LONGEAUX, Comment débattre d'écologie ?, Paris, PUF, 2015. Les questions écologiques ne peuvent plus être traitées comme des problèmes purement techniques, en ignorant leurs profondes implications morales. Pour autant, cela signifie-t-il qu'elles remettent en cause les fondements de la société libérale ? Sommes-nous condamnés à choisir entre la dénégation et la révolution ? Un débat rationnel est-il possible sur les valeurs que les crises écologiques questionnent ? Même si le partage entre vérités scientifiques et engagements éthiques reste fondateur de la démocratie moderne, il existe dans notre culture morale des ressources susceptibles de fournir des références objectives au débat politique. L'éthique environnementale peut ainsi ne pas se résumer à un catalogue de bons sentiments sans se transformer pour autant en une nouvelle forme de religion. Elle doit être à la fois exigeante et libérale pour espérer être politiquement efficace, animer le débat démocratique et nous permettre simplement d'agir à la hauteur de nos responsabilités.

Jean-François KERVÉGAN et Hans Jörg SANDKÜHLER (dir.), avec la collaboration d'Élodie Djordjevic, Manuel de l'idéalisme allemand, Paris, Éditions du Cerf, mars 2015. Quatre philosophes majeurs : Kant, Fichte, Schelling, Hegel et tout leur environnement formé de penseurs, mais aussi d'artistes et de poètes. Neuf thématiques essentielles : la raison et l'absolu, l'idée de système, la connaissance, la nature, la morale, le droit et la politique, l'histoire, la religion, l'art. Deux parcours inédits : la présentation des positions philosophiques du romantisme en Allemagne et l'histoire de la réception de l'idéalisme allemand en Europe. Une bibliographie internationale, actualisée et particulièrement adaptée au public francophone, portant sur les œuvres, les traductions, les commentaires. Instrument de travail unique en son genre, ce livre est destiné à tous ceux qui s'intéressent à cette séquence majeure de la culture européenne. [Table des matières]

Jean-François KERVÉGAN, La raison des normes. Essai sur Kant, Paris, Vrin, février 2015. Comment la raison normative évalue-t-elle les maximes d'action fournies par la raison commune ? Afin de répondre à cette question, le présent ouvrage étudie les transformations des concepts kantiens de liberté à partir de la Critique de la raison pure ; puis il expose la théorie kantienne de la normativité en réinterprétant la « loi fondamentale de la raison pure pratique » et le « fait de la raison » ; il établit alors qu'il y a une théorie pure de la normativité juridique (une métaphysique du droit) ; enfin, examinant les rapports de la philosophie pure (métaphysique) et de l'anthropologie, il s'interroge sur l'existence d'une philosophie de l'histoire chez Kant, et suggère pour finir que le kantisme dessine la perspective d'une rationalité incarnée dans des pratiques et des institutions, ce qui n'est pas sans annoncer la conception hégélienne de la Sittlichkeit.

Isabelle AUBERT, Habermas. Une théorie critique de la société, Paris, CNRS Éditions, janvier 2015. Jürgen Habermas, philosophe actif dans l'espace public, incarne, à lui seul, l'interdisciplinarité de l'école de Francfort. Théorie de la connaissance, psychanalyse, psychologie, philosophie du langage, théorie sociale, philosophie morale, philosophie politique et théorie du droit sont appelées à contribuer à une Théorie critique opérationnelle. Cet ouvrage restitue les différents débats que mène Habermas avec la tradition et ses contemporains pour affirmer son modèle critique. Tout en soulignant la portée du nouveau paradigme philosophique dans ses différents développements, Isabelle Aubert le met à l'épreuve. La théorie de l'agir communicationnel congédie la philosophie du sujet pour mieux saisir les sujets socialisés, les conditions de l'autonomie et de la réalisation de soi. Cette théorie peut-elle appréhender la différence qui est à l'œuvre dans l'action sociale, les situations morales ou politiques ? D'autres pistes s'ouvrent à une théorie critique communicationnelle qui assouplirait sa conception de l'interaction. Une traversée vivante et critique de l'œuvre d'un philosophe contemporain majeur. [Table des matières]

2014

« Concepts essentiellement contestés », Philosophie, n° 122, Paris, Éditions de Minuit, 2014. Numéro dirigé par O. TINLAND, avec les contributions d'Olivier TINLAND, Walter Bryce GALLIE, Nestor CAPDEVILA, Marc-Antoine DILHAC et Jean-Fabien SPITZ. [Présentation]

 

Bérengère HURAND et Catherine LARRÈRE (dir.), Y a-t-il du sacré dans la nature ?, Paris, Publications de la Sorbonne, 2014. Si nous admirons la nature et aimons y méditer, si nous en reconnaissons la dignité et appelons à défendre son intégrité, si nous préférons la laisser faire plutôt que de chercher à nous y substituer, sacralisons-nous la nature ? Et cela nous place-t-il automatiquement dans une posture obscurantiste contraire au progrès scientifique et technique ? Ce volume regroupe les contributions des philosophes, théologiens, écologues et anthropologues réunis autour de ces questions en avril 2012, à la Sorbonne. La critique de la tendance religieuse, si controversée, de l'écologie contemporaine, passe ici par l'examen des raisons qui pourraient nous pousser à faire place à la notion de sacré, même si elle est relative et mouvante. Prendre au sérieux la re-sacralisation de la nature, tout en en refusant les manifestations les plus excentriques, c'est chercher quel sens théologique, psychologique, phénoménologique, éthique et même politique on peut donner à notre ancrage terrestre. Quand l'histoire naturelle et l'histoire humaine se rejoignent et se confondent, habiter la nature suppose de trouver le moyen de faire société avec elle tout en lui reconnaissant la liberté du sauvage, rétive à tout enfermement, même sous la forme de la sanctuarisation.  
Avec les contributions de : Augustin Berque, Christophe Boureux, Pierre Charbonnier, Alain Cugno, Jean- Claude Génot, Roger Gottlieb, Émilie Hache, Bérengère Hurand, Catherine Larrère, Stéphane Lavignotte, Jean-Philippe Pierron, Éric Pommier et Catherine Thomas. [Présentation, table des matières et introduction]

Laurent JAFFRO (dir.), Croit-on comme on veut ? Histoire d'une controverse, Paris, Vrin, « Analyse et philosophie », 2014. Quelle sorte de contrôle et, par suite, de responsabilité, avons-nous à l'égard de nos croyances ? Dans quelle mesure pouvons-nous décider de croire ? Cette question agite la philosophie européenne depuis Aristote, les stoïciens, et les sceptiques ; avec les médiévaux, elle croise celle de la responsabilité du chrétien à l'égard de sa foi ; avec les modernes, elle rencontre le problème pratique de la tolérance. Cet ouvrage explore ainsi l'histoire de la controverse sur le rôle de la volonté dans ce que les classiques appellent l'assentiment. Il le fait non dans une perspective d'érudition, mais avec pour objectif de contribuer à une meilleure intelligence d'une question qui connaît aujourd'hui un important regain d'intérêt, dans le domaine de l'épistémologie, de la psychologie, ou de la philosophie de la religion, et dont les enjeux éthiques et politiques sont évidents. Les contributeurs s'aident en retour des outils que la philosophie de l'esprit, durant ces dernières décennies, a développés, pour démêler ce qui, dans la croyance, dépend de l'initiative du croyant, et ce qui ne dépend pas de lui.  
Avec les contributions de : M. R. Antognazza, A. Broadie, Ph. Desoche, C. Etchegaray, Ch. Grellard, L. Jaffro, I. Koch, A. Meylan, C. Michon, P.-M. Morel, F. Portalier et P. Taranto.

 

2013

Diogo SARDINHA, L'Émancipation de Kant à Deleuze, Paris, Hermann, 2013. Plus que jamais, sans doute, nous avons besoin de straté́gies critiques pour l'é́mancipation. Or, lisant la philosophie des deux derniers siè̀cles, on découvre les attitudes les plus contrastées dans ce domaine. Kant, qui définit les Lumières comme « la sortie de l'homme de la minorité dont il est lui-mê̂me responsable », incite son lecteur à devenir adulte. Par contre, Deleuze (seul ou avec Guattari) met en avant un devenir-mineur et insiste sur un devenir-enfant qui soit un devenir-force. En même temps, cette opposition immédiate de Kant et Deleuze esquive tout ce qui a mené de l'un à l'autre. Lorsqu'on reprend le fil qui les lie, des figures inattendues surgissent : Sartre, Bataille et Foucault deviennent alors les personnages d'une histoire tissée autour de Baudelaire, par rapport auquel les trois philosophes écrivains prennent des positions radicalement divergentes. Si on veut donc comprendre ce qui semble être le renversement du devenir-majeur kantien par le devenir-mineur deleuzien, c'est ce parcours qu'il devient nécessaire de reconstituer. À la fin, on aura reconstruit quelques stratégies émancipatrices, utiles pour nous aujourd'hui.  

Sophie GUÉRARD DE LATOUR et Peter BALINT (dir.), Liberal Multiculturalism and the Fair Terms of Integration, Palgrave Macmillan, coll. "Politics of Identity and Citizenship", 2013. Multiculturalism has come under considerable attack in both political practice and political theory. Yet the fact of diversity remains, and with it the need to establish the fair terms of integration in contemporary liberal societies. In examining liberal multiculturalism – an approach that has been variously criticised as either too liberal or too multicultural – this book both defends liberal multiculturalism as a coherent and practicable political theory, while also suggesting it is not without the need for reformulation. Key questions that need addressing concern the importance and role of national identities and other forms of social solidarity, compatibility with anti-discrimination measures, nature of language rights, and the unavoidability of essentialism. This collection explores these challenges whilst remaining grounded in real word contextsand issues. Table des matières

Sophie GUÉRARD DE LATOUR (dir.), Le multiculturalisme a-t-il un avenir ?, Paris, Hermann, 2013. Le multiculturalisme semble désormais faire partie du paysage des démocraties libérales. Travaillées de l'intérieur par les processus de la mondialisation, et encouragées à la tolérance par leurs propres principes politiques, elles ne sont plus des sociétés closes, dotées d'une forte culture nationale, et doivent désormais prendre acte de leur diversité interne. Mais si le multiculturalisme est un objet clairement identifié par les sciences sociales, sa dimension philosophique reste relativement négligée en France. Comment les politiques multiculturelles s'articulent-elles aux fondements normatifs de la citoyenneté moderne ? Quelles sont les raisons qui justifient ou invalident le droit à la différence ? Enfin, quel éclairage ces soubassements conceptuels apportent-ils au diagnostic récemment posé d'une crise du multiculturalisme ? L'enjeu de cet ouvrage collectif est double : mettre en évidence les sources libérales et démocratiques du projet multiculturel, tout en interrogeant les limites de la « citoyenneté différenciée ». Les contributions de ce volume, qu'elles soient à charge ou à décharge, suggèrent dans leur ensemble que le retour à la citoyenneté « aveugle aux différences » n'est plus envisageable, et ouvrent des pistes pour repenser l'égalité démocratique. Avec les contributions de Catherine Audard, Magali Bessone, Sophie Guérard de Latour, Will Kymlicka, Cécile Laborde, Catherine Larrère, Tariq Modood, Roberto Merrill et Daniel Weinstock

G. W. F. HEGEL, Principes de la philosophie du droit, traduction de Jean-François KERVÉGAN, Paris, PUF, « Quadrige », 2013. L'ouvrage, paru en 1820, est sans doute le plus influent jamais écrit en philosophie du droit, et un des livres majeurs de Hegel (1770-1831). Cette édition des Principes de la philosophie du droit, fondée sur un établissement critique du texte original, est la plus complète à ce jour : elle propose, dans une traduction nouvelle, ce texte majeur de la philosophie juridique et politique moderne publié en 1820. Sont en outre offertes au lecteur les traductions des annotations manuscrites portées par Hegel sur son exemplaire personnel, des extraits des cours prononcés durant les années où il rédigeait son ouvrage et de son dernier cours fait la veille de sa mort, ainsi que les précieuses « Additions » rédigées par Eduard Gans à partir de cahiers d'étudiants ayant assisté aux cours de Hegel.

 

Adeline BARBIN, André Gorz, Travail, économie et liberté, CNDP, 2013. André Gorz perçoit dans l'organisation politique et économique moderne la menace d'une société dépossédée de ses libertés. En effet, si la rationalité économique poursuivait l'extension de son champ d'application, les individus devraient, bon gré mal gré, s'insérer, pour tous les aspects de leur existence, dans un monde rationalisé et bureaucratisé. Marqué par l'existentialisme sartrien, la sociologie de Max Weber et l'économie de Marx, Gorz propose en alternative un projet de société fondé sur une rupture avec l'idéal de la consommation et du travail productiviste. Il est selon lui nécessaire de restreindre le champ des échanges marchands afin de restaurer un espace de réalisation du sujet dans lequel celui-ci peut choisir ses fins et ses valeurs, quitte à produire et consommer moins pour réaliser davantage par lui-même, et garder ainsi le libre contrôle de son existence. Table des matières

 

Marc-Antoine DILHAC et Sophie GUÉRARD DE LATOUR (dir.), Étant donné le pluralisme, Paris, Presses Universitaires de la Sorbonne, 2013. Le fait du pluralisme n'est pas une réalité sociale inédite et, au risque d'une généralisation contestable, on peut affirmer qu'il est une circonstance de toute vie sociale. Mais de quel pluralisme parle-t-on ? Le pluralisme est lui-même pluriel et porte tant sur les valeurs et les fins de la vie que sur les conceptions du juste, les sujets qui ont droit de cité, les cultures, ou encore les narrations constitutives de l'identité personnelle et collective. Ce pluralisme pluriel n'est devenu un problème philosophique que dans les formes contemporaines de la vie démocratique où il est une source de désaccords profonds. Il n'est pas le simple constat de la diversité mais détermine plutôt le regard que l'on doit porter sur la diversité. Le pluralisme est donc plus qu'une circonstance avec laquelle il faut composer politiquement, comme ce pouvait être le cas à l'aurore de la pensée politique moderne ; il constitue la norme qui définit les fondements d'une société juste. Ce volume rassemble neuf contributions qui, à la lumière des débats récents sur les théories de la justice et de la reconnaissance, explorent différentes pistes théoriques pour mieux cerner les désaccords moraux qui traversent les démocraties actuelles. Table des matières

 

Olivier TINLAND, L'Idéalisme hégélien, Paris, Éditions du CNRS, mars 2013. Notion équivoque et polémique, l'idéalisme a souvent été assimilé à une posture intellectuelle abstraite, oublieuse de son ancrage naturel et social. Dénoncée par Marx et Nietzsche, cette notion fut centrale pour la philosophie classique allemande, en particulier Hegel. Explicitement assumée, revendiquée même, elle désigne l'orientation spéculative fondamentale du hégélianisme, mais aussi toute philosophie qui s'engage avec cohérence dans une démarche théorique : « Toute vraie philosophie est un idéalisme », affirme Hegel. Faisant ressortir l'originalité radicale de la conception hégélienne de l'idéalisme, Olivier Tinland confronte cet engagement philosophique aux doctrines majeures de la modernité, de la métaphysique rationaliste et de l'empirisme moderne jusqu'aux différentes incarnations de l'idéalisme allemand (Kant, Fichte, Schelling). Cette confrontation aux pensées majeures de la modernité sert de toile de fond à l'explicitation progressive de la démarche philosophique de Hegel, dont l'ambition est ainsi approchée au plus près : moyennant le dévoilement de l'idéalité du réel, rendre compte, d'un même geste, du statut de la réalité, de la manière dont nous nous rapportons à elle et du mode de validation spécifique du discours philosophique. Plus largement, cet ouvrage invite à se demander dans quelle mesure la stratégie spéculative de Hegel trouve un écho dans les débats métaphysiques et épistémologiques contemporains sur la vérité, l'expérience, l'objectivité ou le réalisme.

 

Pierre-Yves QUIVIGER, Le Secret du droit naturel ou Après Villey, Paris, Classiques Garnier, 2013. Par delà une approche morale du droit, qui vise à le rendre plus légitime, et par-delà la valorisation des droits fondamentaux, ce livre construit une troisième approche : définir, à partir de l'œuvre de Michel Villey, une essence du droit, opposable au droit positif.

2012

Jean-François KERVÉGAN et Bernard MABILLE (dir.), avec la collaboration d'Élodie Djordjevic, Hegel au présent. Une relève de la métaphysique ?, Paris, Éditions du CNRS, octobre 2012. Quel rapport Hegel entretient-il avec la métaphysique ? Cette question engage un jugement quant à la nature des convictions fondamentales sur lesquelles repose sa philosophie : alors qu'elle a longtemps été louée (ou vilipendée) en tant que métaphysique spéculative, des approches récentes s'estiment en mesure de contourner ce problème. Les arguments hégéliens semblent alors pouvoir être reconstruits et évalués indépendamment des convictions métaphysiques professées par leur auteur ; la « conscience de soi métaphysique » de Hegel ferait en quelque sorte écran au potentiel rationnel et normatif de cette pensée. D'autres lectures actuelles résistent à une telle façon de voir : dissocier les analyses hégéliennes de leur arrière-plan métaphysique serait les priver de ce qu'elles ont de plus tranchant, les ramener au niveau de ce que Hegel nommait la pensée d'entendement. À vouloir actualiser sa philosophie, ne la condamne-t-on pas à l'insignifiance ? Ce débat, au coeur du commentaire hégélien actuel, s'est développé au mois de juin 2009 à l'Université de Poitiers et à la Sorbonne, lors d'un colloque international qui a réuni au total plus de vingt contributeurs comptant parmi les commentateurs les plus réputés de Hegel. Ce volume contient les textes qui y ont été présentés. Il constitue une pièce majeure de la discussion contemporaine autour de cette philosophie et montre combien Hegel est plus que jamais présent. Sommaire.

 

« L'homme après sa mort, Kant après Foucault », Rue Descartes, 2012/3, n° 75, Collège international de philosophie, 128 pages. Numéro coordonné par D. SARDINHA, avec les contributions d'E. Balibar, G. Castelo Branco, M. Díaz Marsá, M. A. da Fonseca, G. Gebauer, R. Nigro, M. Potte-Bonneville, G. Rockhill, D. Sardinha, S. Tannus Muchail et J. Volbers. Ce numéro est intégralement consultable à cette adresse.

 

Florence HULAK, Sociétés et mentalités, La science historique de Marc Bloch, Paris, Éditions Hermann, mai 2012. Célébré comme l'un des plus grands historiens du vingtième siècle, Marc Bloch n'a guère été lu par les philosophes. Son oeuvre est pourtant porteuse d'une vision inédite de l'histoire, aujourd'hui encore éclairante pour la philosophie comme pour les sciences humaines. Dans le sillage de la sociologie durkheimienne, Bloch fonde la science historique sur l'observation directe et la comparaison, plutôt que sur l'interprétation d'un passé inaccessible. Le principe de synthèse de la connaissance historique est chez lui proprement social, et non psychologique ou géographique, comme chez l'autre fondateur des Annales, Lucien Febvre. Mais si, des Rois Thaumaturges à La Société Féodale, Bloch assume l'ambition proprement explicative des sciences sociales, il reconnaît que la matière historique ne se laisse pas complètement ordonner. L'histoire blochienne s'attache à ce qui résiste à la compréhension synthétique du passé, aux décalages temporels et idéologiques qui révèlent les limites de toute structuration symbolique. Elle déjoue par là l'opposition stérile entre structures et historicité. Elle peut ainsi concevoir le rôle politique de l'historien comme l'introduction d'écarts au sein des récits mémoriels, qui permettent d'en subvertir le sens.

Éric BORIES, Hegel. Philosophie du droit, Paris, Éditions Ellipses, janvier 2012. Lorsque Hegel, en 1820, met un point final à l'écriture de ce qui devait être son ultime création philosophique (les publications ultérieures de 1827 et 1830 ne seront que des reprises), celui-ci fait oeuvre d'une conception originale et inédite du droit. Les Principes de la philosophie du droit nous font découvrir un droit qui, compris comme processus d'effectuation de la liberté, se propose de réparer les incomplétudes de son aspect juridique, simple droit de contraindre, et de la moralité, simple droit de la certitude subjective. Cette pensée au sein de laquelle le droit s'étend à tout le système de la liberté et progresse vers un accomplissement de plus en plus abouti de celle-ci en tant qu'idée, ne saurait cependant s'en tenir à une représentation, fût-elle habile et rigoureuse, de cette dernière. Oeuvre de l'« esprit objectif », le droit hégélien s'enrichit en effet lui-même en irrigant le fil de nos vies, et se définit dans les épreuves que nous faisons de la famille, de la société civile, et de l'État. C'est pourquoi, en nous parlant d'amour, de contrat de propriété et d'échange, de confiance dans la loi en excitant notre disposition à nous indigner de l'injustice toujours possible et toujours réelle des lois, la philosophie hégélienne du droit nous parle de nous ; de l'apprentissage difficile, quelquefois heureux, que notre vie sociale nous offre de la liberté.

2011

Olivier TINLAND, Hegel, Textes choisis et présentés par O. Tinland, Paris, Le Seuil, novembre 2011. Référence obligée dans l'histoire de la philosophie, Hegel incarne une tentative inédite d'édifier une rationalité qui soit à la mesure de la complexité socio-culturelle et des contradictions historiques de la modernité. Il élabore ainsi une conception dialectique du réel qui a pour nom « idéalisme absolu », et initie une recherche de la vérité qui vise à mettre au jour les manifestations de l'absolu dans la réalité. Une œuvre exigeante mais essentielle. Cette anthologie propose un parcours réfléchi sur près de quarante textes, pour mieux comprendre et maîtriser l'œuvre de Hegel. Quatre grandes thématiques organisent l'ensemble : la philosophie comme idéalisme , la philosophie comme savoir absolu , de la nature à l'esprit, la raison dans l'histoire.

Jean-François KERVÉGAN, Que faire de Carl Schmitt ?, Paris, Gallimard, novembre 2011. L'affaire est entendue, et Karl Jaspers l'a résumée : Carl Schmitt fait partie avec Heidegger de « ces professeurs […] qui ont tenté de prendre intellectuellement la tête du mouvement national-socialiste ». Depuis lors, nonobstant, des contradicteurs distingués – Strauss, Löwith, Peterson, Kojève, Blumenberg, Habermas, Derrida… – ont discuté âprement ses thèses, souvent pour les rejeter, comme il en va avec tous les classiques intéressants, de Platon à Wittgenstein. Aussi l'heure est-elle venue de « partir de Carl Schmitt », au double sens de reformuler des questions essentielles à partir de certains de ses travaux et de lui donner congé lorsqu'il ne nous aide plus à penser. Certains de ses concepts (le nomos de la terre, la constitution comme décision « existentielle »…) ou des concepts sur lesquels il a apposé son empreinte (le pouvoir constituant, l'État de droit « bourgeois ») éclairent différemment des questions telles que le rapport entre décision et rationalité ; l'enracinement des normes juridiques dans les institutions ; le statut de l'ordre constitutionnel et ses présuppositions ; les effets pervers du retour de la morale en politique internationale (droits de l'homme et démocratie forment-ils le couple uni que l'opinion dominante nous décrit ?). Mais cette fécondité se heurte à une limite fondamentale : Schmitt est plus efficace pour penser des ruptures et des instaurations que pour décrire le fonctionnement normal de l'ordre juridique établi. À jamais, il demeure un penseur du dissentiment.

Florence HULAK et Charles GIRARD (dirs.), Philosophie des sciences humaines. Concepts et problèmes, Vrin, Bibliothèque d'histoire de la philosophie, 2011. Les sciences humaines ont en partage des concepts. L'histoire et la géographie, la sociologie et l'anthropologie, l'économie et la linguistique, la psychologie et la psychanalyse trouvent leur unité dans l'usage divers qu'elles en font, plutôt que dans un objet commun aux contours incertains. Pour s'établir comme sciences, elles ont dû affronter les problèmes épistémologiques, ontologiques et pratiques qu'ils suscitent ou révèlent. En s'efforçant d'éclairer le sens et l'efficace de ces concepts, en rendant compte de l'articulation et de l'évolution de ces problèmes, la philosophie peut contribuer au développement des sciences humaines. Elle ouvre aussi pour elle-même un accès plus sûr à leurs savoirs et questionnements, sans lesquels elle ne saurait désormais avancer. Les contributions réunies dans ce recueil explorent, dans cette perspective, neufs concepts essentiels : la causalité, les normes, l'interaction, l'événement, la nature, la société, l'inconscient, l'expérimentation et la neutralité.

Vivre en Europe Diogo SARDINHA, Ordre et temps dans la philosophie de Foucault, (Préface d'E. Balibar), L'Harmattan, 2011. L'oeuvre de Foucault apparaît comme une succession d'études dispersées, plus que comme un tout cohérent. C'est l'une des raisons pour lesquelles on doute du caractère même d'oeuvre que constitueraient l'ensemble de ses travaux. Ce livre montre, au contraire, que ces travaux sont marqués par une cohérence fondamentale. Celle-ci n'est pas une caractéristique transitoire, mais un trait constant de la recherche de Foucault, à laquelle elle accorde sa valeur proprement philosophique. Présentation

2010

Raison pratique et normativité chez Kant Jean-François KERVÉGAN (dir.), Raison pratique et normativité chez Kant, ENS Éditions, Septembre 2010. Comment et pourquoi la philosophie juridique et politique contemporaine est-elle revenue à Kant ? Il faut pour le comprendre s'intéresser d'abord à l'ancrage de la pensée du droit dans la théorie kantienne de la raison pratique et aux problèmes que pose le statut kantien d'une raison normative dans les deux champs coordonnés de l'éthique et du droit (voir les articles de Hans Friedrich Fulda, Bruno Haas, Jean-François Kervégan). L'articulation entre droit privé et droit public, entre droit et politique dans la Métaphysique des moeurs doit être considérée en relation avec l'exigence d'une fondation unitaire du système des normes pratiques (João Carlos Brum Torres, Robert B. Pippin, Philippe Raynaud, Myriam Revault d'Allonnes). La philosophie politique de Kant peut dès lors être envisagée dans le prolongement de sa théorie du droit international, avec l'ouverture d'une perspective cosmopolitique qu'il importe de définir avec précision (Monique Castillo, Carla De Pascale, Georg Mohr).

Vivre en Europe Bertrand OGILVIE, Diogo SARDINHA et Frieder Otto WOLF (dir.), Vivre en Europe: philosophie, politique et science aujourd'hui, L'Harmattan, 2010. L'Europe est devenue un espace aux frontières incertaines dans lequel font irruption les problèmes les plus divers : politiques d'immigration, d'hygiène, de santé, de sécurité... Ces domaines ressortent de plus en plus de la compétence de l'Union, réduisant la marge de manoeuvre des pays membres, et devenant ainsi l'objet d'une nouvelle citoyenneté.

2008

Figures de Siéyès, Vincent-J. DENIS, Pierre-Yves QUIVIGER et Jean SALEM (dir.), Actes du colloque des 5 et 6 mars 2004, 264 p., 22 euros.

Le principe d'immanence Pierre-Yves Quiviger, Le principe d'immanence, Champion, 2008.

2007

L'effectif et le rationnel Jean-François Kervégan, L'effectif et le rationnel, Vrin, 2007. S'inscrivant dans le courant des lectures non métaphysiques de Hegel, ce livre présente le bilan de vingt-cinq années de recherches consacrées à « l'esprit objectif ». Son ambition est de comprendre ce qu'il en est de l'équation de l'effectif et du rationnel posée par les Principes de la philosophie du droit. Présentation

Sieyes Pierre-Yves Quiviger, Emmanuel Joseph Sieyès, Essais sur les privilèges et autres textes, introduction et édition critique, 2007, Dalloz, 150 p.

Action medicale et confiance Pierre-Yves Quiviger, Action médicale et confiance, en co-direction avec Thierry Martin, collection « AGON », 2007, Publications Universitaires de Franche-Comté, 361 p.

2006

Le pouvoir des commencements Myriam Revault d'Allonnes, Le pouvoir des commencements. Essai sur l'autorité, Paris, Le Seuil, 2006. Présentation (pdf).

2005

Hegel et l'hégélianisme Jean-François Kervégan, Hegel et l'hégélianisme, Paris, PUF, coll. Que sais-je, 2005. Présentation.

La production des hommes Franck Fischbach, La production des hommes. Marx avec Spinoza, Paris, PUF, 2005.

Lectures de Hegel Olivier Tinland (dir.), Lectures de Hegel, Paris, Le Livre de poche, coll. "Références", 2005. Avec la collaboration de : Myriam Bienenstock, Bernard Bourgeois, Christophe Bouton, Franck Fischbach, Theodore Geraets, Jean-François Kervégan, Pierre-Jean Labarrière et Gwendoline Jarczyk, Gérard Lebrun, Bernard Mabille, Pierre Osmo, Emmanuel Renault, André Stanguennec, Olivier Tinland.

Hegel, Carl Schmitt Jean-François Kervégan, Hegel, Carl Schmitt. Le politique entre spéculation et positivité, Paris, PUF, 2005.

2004

L'affaire Schmitt :Quatre textes sur Carl Schmitt ont été écrits par Catherine Colliot-Thélène, Giuseppe Duso, Jean-François Kervégan et Philippe Raynaud en réaction à l'éditorial du numéro 6 de la revue Cités, qui mettait en cause, nommément pour certains, ceux qui dans leur démarche intellectuelle croient devoir prendre en compte les analyses de Carl Schmitt, quoi qu'on pense par ailleurs du personnage. Ils auraient dû paraître, avec des contributions défendant un point de vue opposé, dans la rubrique « Débats » de la revue Cités. Diverses raisons ont conduit les auteurs de ces textes à renoncer à les publier sous cette forme et dans les conditions que la revue posait. Ces textes sont parus dans le numéro 131 de la revue Le débat (sept.-oct. 2004). Jean-François Kervégan

La propriété Mikhail XIFARAS, La propriété, étude de philosophie du droit, Paris, PUF (coll. Fondements de la politique), 2004. Présentation.

Economie et théories économiques en histoire du droit et en philosophie Dir. J.-F. Kervégan et H. Mohnhaupt, Wirtschaft und Wirtschaftstheorien in Rechtsgeschichte und Philosophie. Economie et théories économiques en histoire du droit et en philosophie, Frankfurt am Main, V. Klostermann, 2004.

2003

Hegel penseur du droit Dir. J.-F. Kervégan et G. Marmasse, Hegel penseur du droit, Paris, CNRS-Editions, 2003. Voir la présentation (PDF, 270 Ko).

Principes de la philosophie du droit Traduction et commentaire par J.-F. Kervégan de Hegel, Principes de la philosophie du droit, 2e édition révisée et augmentée, PUF, Quadrige, 2003.

La constitution primitive de l'Eglise chrétienne Edition par Laurent Jaffro de John Toland, La Constitution primitive de l'Eglise chrétienne, précédé de L'ecclésiologie, Paris, Honoré Champion, 2003. Présentation

L'être et l'acte Franck Fischbach, L'Etre et l'acte. Enquête sur les fondements de l'ontologie moderne de l'agir, Paris, Vrin, 2003.

Hegel à l'épreuve de la philosophie française contemporaine Jérôme Lèbre, Hegel à l'épreuve de la philosophie française contemporaine - Deleuze, Lyotard, Derrida, Paris, Ellipses, coll. Philo, 2003. Présentation.

2002

Crise et pensée de la crise en droit - Jean-François Kervégan (dir.), Crise et pensée de la crise en droit. Weimar, sa république et ses juristes, Lyon, ENS Editions, 2002. Présentation (PDF)

De la société à la sociologie - Catherine Colliot-Thélène et Jean-François Kervégan (dir.), De la société à la sociologie, Lyon, ENS Editions, 2002. Présentation (PDF). Bon de commande (PDF) pour cet ouvrage et le précédent.

Histoire et salut - Traduction par M.-C. Challiol-Gillet, S. Hurstel et J.-F. Kervégan de Karl Löwith, Histoire et Salut. Les présupposés théologiques de la philosophie de l'histoire, Paris, Gallimard, 2002, Présentation de J.-F. Kervégan.

Changements dans la violence - Yves Michaud, Changements dans la violence, essai sur la bienveillance universelle et la peur, Paris, Odile Jacob, 2002.

2001

Fragile humanité - Myriam Revault d'Allonnes, Fragile humanité, Paris, Aubier, 2001.

John Locke et les fondements de la liberté moderne - Jean-Fabien Spitz, John Locke et les fondements de la liberté moderne, Paris, PUF, 2001.