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Activités et formes de travail 

Séminaire « Crise et souveraineté »

Argumentaire

Le discours médiatique ne cesse de recourir à l'idée de crise pour qualifier des bouleversements qui frappent le climat et la finance. Si ce terme est ainsi employé, c'est parce qu'il désigne une rupture violente que rien ne laissait présager. En effet, la crise n'est pas simplement la modification temporaire d'un état de choses, mais plutôt une transformation si radicale qu'elle introduit un péril. Ainsi, le concept de crise, en ce qu'il qualifie des transitions brusques impliquant la disparition d'un équilibre, est particulièrement pertinent pour penser les ruptures qui affectent la souveraineté. La souveraineté, puisqu'elle désigne le caractère ultime d'une autorité, un pouvoir qui est dernier ressort, est précisément l'instance qui, dans le politique, est frappée par des tensions et doit continuellement refonder sa légitimité.

La confrontation entre les concepts de crise et de souveraineté oblige également à reconsidérer l'écroulement du théologico-politique sur lequel la modernité s'est constituée. Le XVIIe siècle est censé avoir fourni une justification du pouvoir politique libérée du théologique : le pouvoir n'est plus dérivé de Dieu mais de la volonté de l'individu. Or, un retour sur la crise sur laquelle s'est instituée la modernité permettrait de réexaminer l'étendue de cette autonomisation. Cela permettra également de faire apparaître les métaphores théologiques qui continuent de traverser les concepts de la philosophie politique.

Ainsi, ce sont ces rapports entre les concepts de crise et de souveraineté que nous souhaiterions interroger à l'occasion d'un séminaire qui se tiendra à Paris 1 de novembre 2015 à juin 2016. Nous nous interrogerons sur l'hypothèse selon laquelle, malgré l'apparence d'une universalité et d'une nécessité, la souveraineté cache en elle-même une faiblesse, à savoir le risque permanent de la crise. Nous étudierons à la fois les discontinuités entre les paradigmes de la philosophie politique, les oppositions entre doctrines, mais aussi l'ensemble des phénomènes qui manifestent une rupture de la légitimité du pouvoir.

Ce séminaire s'articulera autour de trois axes. Le premier porte sur une problématique définitionnelle. Que désigne l'expression « crise de la souveraineté » ou « souveraineté en crise » ? L'enjeu de cette question sera de savoir ce que la crise du pouvoir nous dit sur la nature de la souveraineté. Ce rapport entre la crise et la souveraineté est-il un rapport d'opposition radicale ? En ce sens, la souveraineté serait la négation de toutes formes de crise. Y-a-t-il un simple rapport d'altérité ? La crise serait un événement que rencontre la souveraineté dans son exercice sans qu'il soit source de danger. Ou alors, y a-t-il identité ? Tout dispositif de légitimation du pouvoir serait, dans cette perspective, un réajustement constant face à une crise toujours présente au sein du politique, crise qui ne pourrait disparaître.

Le deuxième axe consistera dans l'étude des phénomènes mettant en péril la souveraineté. Qu'en est-il de ces événements qui ont tendance à être écartés au motif qu'ils échappent au cours normal de l'exercice du pouvoir ? Il peut s'agir de la guerre interne, du terrorisme, du retour du théologico-politique, de l'écart entre représentant et représentés, du coup d'État, de la révolution, etc. Ne peut-on pas voir dans ces phénomènes, qui introduisent de la discorde au sein de la fondation du pouvoir politique, des signes indiquant l'apparition d'une autre souveraineté irréductible à celle en place ?

Enfin, le troisième aspect du séminaire sera historique. Il s'agira de revenir sur les différents moments qui, dans l'histoire de la philosophie politique, introduisent des ruptures de paradigmes dans la fondation de l'autorité. Nous nous pencherons, plutôt que sur des contenus de doctrine, sur les transitions entre conceptions, sur les écarts et les divergences entre auteurs quant à la légitimation du pouvoir politique.

Organisation

Ce séminaire, ouvert à tous, se tient le vendredi de 17h à 19h en salle Nosophi. Il est organisé par Masoud Sinaeian (PhiCo/NoSoPhi) et Lyess Bouderbala (CHSPM).


Agenda 2015-2016

[Le programme et l'affiche du séminaire « Crise et souveraineté » 2015-2016 sont également disponibles ICI.]

  • Vendredi 27 novembre 2015 : Lucien JAUME (Sciences Po Paris), « Le religieux : une autre légitimité ? Révolution française et laïcité de l'État ». 
  • Vendredi 22 janvier 2016 : Julie SAADA (Université d'Artois), « Révolution, empire et utopie. La crise politique au-delà des frontières ».
  • Vendredi 5 février 2016 : Bernard BOURDIN (ICP), « Christianisme et souveraineté: enjeu théologico-politique ».
    Répondant : Giulio DE LIGIO (EHESS, ICP).
  • Vendredi 19 février 2016 : Ninon GRANGÉ (Université Paris VIII), « L'état d'exception : le temps et l'espace politiques en crise ».
    Répondante : Isabelle AUBERT (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne).
  • Vendredi 18 mars 2016 : Mohammad Ali AMIR-MOEZZI (EPHE), « Violence et pouvoir aux débuts de l'Islam ».
    Répondant : Mathieu TERRIER (EPHE).
  • Vendredi 8 avril 2016 : Jean-Claude MONOD (ENS), « La déconstruction et la reconstruction de la souveraineté ».
  • Vendredi 27 mai 2016 : Aurélie KNUFER (Université Montpellier VIII), « De la terreur d'État à la guerre contre le terrorisme ».
    Répondante : Marion BERNARD (Université de Poitiers).

Contacts

Pour toute information, vous pouvez écrire aux organisateurs à l'adresse du séminaire.


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