Jean-François Kervégan, Hegel et l'hégélianisme, Paris, PUF, coll. Que sais-je, 2005

L'œuvre de Georg Wilhelm Friedrich Hegel (1770-1831) est incontestablement difficile d'accès, mais elle est de celles qui ont dessiné le paysage de la pensée contemporaine. Jean-François Kervégan nous propose ici une « introduction », au sens propre du terme, à la philosophie de Hegel : la clé d'ouverture à une œuvre dense et complexe, dont on ne retient trop souvent que quelques clichés.

Résultat de cours donnés à la Sorbonne, cet ouvrage témoigne d'un véritable effort pédagogique face aux questions des étudiants sur le système hégélien. L'auteur nous incite à oublier les lieux communs et les schémas sommaires qui résument trop souvent la pensée de Hegel : on apprendra ainsi que la dialectique du maître et de l'esclave n'apparaît pas au premier plan dans l'œuvre de Hegel, mais a été immortalisée par son commentateur Alexandre Kojève ; d'ailleurs la dialectique n'est pas un procédé systématique dans l'œuvre de Hegel, qui a lui-même souvent dénoncé le fétichisme de la triplicité « thèse-antithèse-synthèse ». De même, la fin de l'histoire, la ruse de la raison, et autres thèmes majeurs sont passés au crible d'une analyse qui dégage les grandes articulations de la Phénoménologie de l'Esprit et nous permet de goûter à la subtilité du système.

Jean-François Kervégan est professeur à l'Université Panthéon-Sorbonne (Paris I). Il a traduit les Principes de la philosophie du droit (PUF, 2003) et est notamment l'auteur de Hegel, Carl Schmitt. La politique entre spéculation et positivité (PUF, coll. Quadrige, 2005).

| Nosophi 2002-2005 |