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Résumé de thèse

Eric Bories

ETAT, CULTURE ET LIBERTÉ CHEZ HEGEL

Doctorat de l’Université dirigé par le professeur Jean-François KERVÉGAN, soutenu le 21 novembre 2005 en Sorbonne. Membres du jury : M. Bertrand BINOCHE (Université de Paris I. Président) ; Mme Catherine COLLIOT-THÉLÈNE (Université de Rennes I) ; M. Franck FISCHBACH (Université de Toulouse II) ; M. Jean-François KERVÉGAN (Université de Paris I) ; M. Bernard MABILLE (Université de Poitiers).

Le succès moderne, sinon récent, du pragmatisme et de l'individualisme, semble aujourd'hui suffisant à prononcer l'obsolescence de toute pensée se satisfaisant de réfléchir sur ce qui est. En ce sens, le hégélianisme, qui avoue volontiers que pour ce qui est de « l' enseignement qui dit comme le monde doit être, la philosophie, de toute façon, vient toujours trop tard », trahirait un esprit figé, penché sur le temps ou recroquevillé sur lui-même. C'est l'erreur de ne retenir ici qu'une philosophie de l'histoire ou une histoire de la philosophie, que nous avons voulu dénoncer.

En faisant de la transformation l'énergie de la Sittlichkeit , Hegel démontre pourtant l'identité de la pensée et de l'action, susceptible d'accomplir les droits d'un sujet qui n'est pas le seul individu, et ceux d'un monde irréductible à un musée des institutions humaines. C'est pourquoi l'esprit objectif développe sa normativité en même temps que sa vitalité ; c'est pourquoi la subjectivité déploie dans sa vie absolue son action de trouver un monde, de le produire, de s'y libérer. Ainsi se définit le processus infini de la culture.

C'est sûrement selon cette invitation à comprendre et à vivre notre société, en ne désespérant jamais de la force de la pensée, que nous sommes aujourd'hui tributaires, à l'instar de Merleau-Ponty, de Charles Taylor ou de Vincent Descombes, de la pensée hégélienne.

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